Ces stars et marques qui ont
leur propre tirelire
De Disney à Studio Ghibli, des maisons de luxe aux icônes pop culture — les collaborations et éditions limitées les plus folles, rares et collector du monde.
On croyait la tirelire réservée aux chambres d'enfants. Faux. Ces dernières décennies, les plus grandes marques de la planète — studios de cinéma, maisons de luxe, icônes streetwear, univers manga — se sont emparées de l'objet pour en faire des pièces de collection qui s'arrachent en quelques minutes. Voici les collabs les plus folles, les plus chères et les plus improbables.
Disney est probablement le plus grand producteur de tirelires sous licence au monde. Mickey Mouse, Minnie, les princesses, Marvel, Star Wars… chaque franchise Disney a sa déclinaison en tirelire, et certaines éditions limitées font l'objet d'une véritable compétition entre collectionneurs.
La marque britannique Tilly Pig a notamment lancé une ligne de tirelires Disney en céramique peinte à la main — Mickey Mouse, Harry Potter (racheté par Disney), et d'autres personnages iconiques. Ces pièces, vendues entre 30 et 60 €, s'écoulent régulièrement en quelques heures lors des drops officiels.
Le saviez-vous ? Les tirelires Disney vintage des années 1970 (Mickey en plastique moulé, made in USA) se négocient aujourd'hui entre 80 et 300 € sur les sites de collection spécialisés. Ce qui était un gadget à 2 dollars est devenu une pièce de musée.
Dans le film culte Le Voyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001), Sans-Visage est le personnage mystérieux qui avale des pièces d'or avec une gourmandise inquiétante. Il fallait en faire une tirelire — et c'est chose faite.
Le Ghibli Museum Store a produit une tirelire officielle Sans-Visage en édition limitée, où le personnage attrape littéralement la pièce posée devant lui et l'avale, accompagné d'un son de hoquet caractéristique. Une tirelire à mécanisme digne des meilleures mechanical banks américaines du XIXe siècle, mais en version kawaii japonaise.
"On pose la pièce. Il l'attrape. Il hoquète. On recommence pendant une heure sans s'en lasser."
— Commentaire type sur les forums de collectionneurs Ghibli
Ces tirelires sont aujourd'hui quasi introuvables en dehors du Japon. Sur les plateformes de revente comme eBay ou Mercari Japan, elles atteignent régulièrement 150 à 400 € pour les versions en bon état avec boîte d'origine.
Peut-on être une tirelire et figurer dans la collection permanente du Museum of Modern Art de New York ? Harry Allen l'a prouvé. Son Reality Bank in the Form of a Pig est une sculpture hyperréaliste d'un cochon en résine de polyester, moulée dans du silicone ultra-détaillé — et qui fonctionne vraiment comme tirelire (avec une fente sur le dos et un bouchon de liège sous le ventre).
La pièce a été déclinée en édition exclusive pour Design Milk dans un coloris noir et blanc bicolore. Vendue 275 dollars, elle est l'une des rares tirelires à être simultanément un objet fonctionnel, une sculpture d'art contemporain et une pièce de musée.
Collection permanente : La Reality Bank d'Harry Allen est officiellement référencée dans la collection du MoMA (Museum of Modern Art) de New York. Un honneur normalement réservé aux Picasso et Warhol de ce monde.
La tirelire, nouvel objet de désir ?
Ce qui était un jouet d'enfant est devenu un objet de collection adulte à part entière. Les drops de tirelires en édition limitée génèrent aujourd'hui autant d'engouement que les sneakers ou les parfums de luxe.
La distillerie américaine WhistlePig, connue pour ses ryes de luxe, a eu l'idée géniale de vendre son whisky dans une bouteille en forme de cochon — le PiggyBank Rye. Une tirelire géante en céramique qui contient une bouteille de whisky vieilli 10 ans à 110 proof, fermée à la cire.
L'édition Rye, White & Blue de 2025, sortie pour le 250e anniversaire des États-Unis, arbore les couleurs du drapeau américain. L'objet est à la fois une bouteille collector, une tirelire fonctionnelle après consommation, et un objet déco qui se retrouve en bonne place dans les home bars des amateurs de whisky haut de gamme.
Au Japon, les gashapon (capsules toys) sont une institution. En avril 2026, Warner Bros. a lancé une série de mini-tirelires Tom & Jerry en capsule — des répliques en plastique brillant de Tom et ses amis, avec fente pour pièces et bouchon d'ouverture, vendues 500 yens (environ 3,20€) par tirage aléatoire.
Résultat : rupture de stock nationale en moins de 48 heures. Les revendeurs ont immédiatement flairé l'opportunité, et les sets complets se retrouvent sur les sites de revente à 10 fois leur prix initial. Un phénomène typiquement japonais où la tirelire devient un objet de spéculation.
Culture gashapon : Le Japon est le seul pays au monde où des tirelires se vendent en distributeur automatique. Le marché des capsule toys représente plus d'un milliard de dollars par an — et les tirelires y occupent une place de choix.
Plusieurs grandes maisons de mode et de luxe ont produit des tirelires en édition très limitée, souvent réservées à leurs meilleurs clients ou distribuées comme objets promotionnels exclusifs. Ces pièces combinent les codes du luxe — matières nobles, finitions irréprochables, packaging premium — avec l'objet le plus populaire de l'épargne.
Des tirelires en porcelaine de Limoges peinte à la main, des modèles en résine laquée avec dorures à l'or fin, ou encore des tirelires en cuir grainé façon sellier circulent dans les cercles de collectionneurs fortunés. Certaines pièces uniques produites par des artisans joailliers ont dépassé les 3 000 à 5 000 € lors de ventes privées.
"Une tirelire en or 18 carats pour y mettre des centimes. C'est absurde. C'est magnifique. C'est exactement ce que j'adore dans le monde du collector."
— Collectionneur anonyme, forum Collector Forum Paris
L'ironie délicieuse de ces objets : ils coûtent souvent bien plus cher que tout ce qu'ils pourraient jamais contenir. Mais pour leurs propriétaires, ce n'est pas le point.
Dans la culture streetwear, tout peut devenir un objet de désir si la marque est la bonne et la quantité suffisamment limitée. Des studios de design indépendants ont surfé sur cette vague en produisant des tirelires "hype" — en édition de 50 ou 100 exemplaires, numérotées, avec certificat d'authenticité, dans un packaging aussi soigné qu'une paire de sneakers collector.
La logique est la même que chez Supreme ou Palace : la rareté crée la valeur. Une tirelire en béton teinté, signée par un artiste urbain reconnu et limitée à 30 exemplaires, peut se revendre 5 à 10 fois son prix de lancement en quelques mois.
La tirelire, objet de désir du XXIe siècle
Des musées new-yorkais aux drops streetwear, en passant par les bouteilles de whisky japonaises — la tirelire a bien changé. Elle n'est plus seulement un outil d'épargne, c'est un objet de culture, de collection et parfois même d'investissement.
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